Bijoux Caroline Néron est au bord de la faillite

L’entrepreneure réglait ses problèmes financiers pendant qu’elle était à la télé

Pendant que Caroline Néron prodiguait des conseils aux différents concurrents de l’émission Dans l’œil du Dragon, elle en avait plein les bras avec ses problèmes financiers.

« C’est certain que c’était inconfortable. Je traversais des difficultés, et en même temps je devais donner des conseils. C’était surréaliste, mais je l’ai fait par passion pour l’entrepreneuriat », a confié jeudi à TVA Nouvelles la femme d’affaires de 45 ans qui cumulait les succès.

Les magasins de bijoux Caroline Néron, dont le chiffre d’affaires annuel est d’environ 15 millions $, se placent sous la protection de la Loi sur la faillite. Neuf des 14 boutiques fermeront prochainement et 64 des 152 employés seront licenciés.

« Ce sont les erreurs du passé qui nous ont positionnés dans cette situation, a-t-elle affirmé, secouée par ses récents déboires. Dans ma tête, il y avait toujours une solution, jusqu’à ce qu’on me dise : “Tu n’as plus le choix, ton passé est trop lourd”. »

Même si les bijoux se vendent bien et que la majorité des boutiques sont rentables, l’entreprise de Caroline Néron traîne de lourdes dettes qui plombent ses finances.

« Les loyers dans les centres commerciaux sont exorbitants, l’achalandage a diminué et nous sommes engagés dans des baux pour de nombreuses années », a-t-elle expliqué.

Le plan de restructuration implique la fermeture du siège social basé à Montréal. Le modèle d’affaires sera complètement revu, en étant davantage axé sur la distribution de bijoux au sein d’autres organisations et chaînes de magasins.

Des erreurs

Elle reconnaît que son manque d’expérience l’a amenée à commettre des erreurs.

« Je suis autodidacte. Mes forces, ce sont le développement des affaires et le marketing. Mes faiblesses étaient définitivement vers la gestion et la finance », a souligné Mme Néron.

Elle raconte avoir délégué ces responsabilités à des gens de son entourage et qu’il y a eu une certaine « négligence ». En 2017, les finances se portaient bien, mais c’est l’an dernier que le tout s’est transformé en cauchemar.

« Même s’il y a eu des erreurs faites par d’autres, c’est moi la présidente, c’est à moi que revient la décision finale », admet toutefois la PDG.

Une rupture

Sur le plan personnel, les derniers mois ont aussi été difficiles pour Mme Néron qui s’apprête à divorcer de l’homme d’affaires Réal Bouclin, fondateur des résidences pour aînés Réseau Sélection.

Celui-ci a récemment aidé financièrement l’entreprise de sa conjointe. Or, leur union n’a pas survécu aux turbulences.

« Il y a des couples qui vont sortir plus forts, d’autres vont se séparer. Moi, ç’a été ça », a dit Mme Néron, qui est prête à entamer un nouveau chapitre de sa vie personnelle et professionnelle.